La prothèse totale de hanche chez le chien comme chez l’homme consiste à remplacer l’articulation douloureuse par un implant prosthétique. Cette prothèse est constituée de plusieurs parties: une cupule qui remplace la partie creuse de l’articulation du bassin (là où vient se loger la tête), la tête, un col et une tige qui est insérée dans le fémur.

Prothèse totale de hanche haut de gamme non cimentée vissée de sixième génération KYON (Zurick Cementless THR)

Plusieurs types de prothèses existent, en médecine humaine comme vétérinaire: les prothèses cimentées et non cimentées.

Les prothèses cimentées sont les premières prothèses qui ont été mises sur le marché dans les années 1970 pour traiter l’arthrose des hanches chez l’homme. Pour sceller les implants, une pâte (le ciment) est introduite dans le fémur et sous la cupule. Elle va se durcir autour de la tige et de l’implant acétabulaire. Ces prothèses sont bien supportées sur les personnes âgées car la densité et la qualité de l’os évolue peu après 70 ans avec l’activité physique liée à cet âge.

En revanche, sur de jeunes patients les risques de descellement sont plus importants : il va se former une interface entre l’os (vivant) et le ciment (matière inerte), dans laquelle des microdébris de ciment vont générer une inflammation chronique évoluant à bas bruit au début, c’est-à-dire sans symptôme clinique. Cette inflammation associée à une activité physique plus intense vont provoquer une diminution de la qualité de la fixation entre la prothèse et son ciment, et entre le ciment et l’os. Cette perte progressive de fixation peut engendrer un descellement c’est-à-dire un mouvement anormal de la prothèse : celle-ci peut tourner sur son axe, ressortir du fémur ou au contraire rentrer plus profondément. La prothèse de ce fait devient douloureuse et peut nécessiter son retrait.

Pour limiter ces risques de complications, des prothèses non cimentées sont utilisées : elles consistent pour les systèmes conventionnels, à insérer la tige de la prothèse très précisément dans le fût fémoral en exerçant une pression et en espérant une ostéointégration parfaire de la prothèse (fixation de la tige par de l’os vivant) lui offrant ainsi une stabilité à long terme. Toutefois ces prothèses classiques présentent des risques de complications plus importants si le temps de repos nécessaire à l’intégration de la prothèse par l’os est insuffisant, ou si le patient réalise des activités physiques incompatibles (ce qui est parfois très difficile à maîtriser sur un chien).

Depuis 1999, des équipes de chercheurs ont travaillé pour proposer une prothèse répondant à la majeure partie des complications répertoriées : le professeur Montavon de l’université vétérinaire de Zurich en Suisse, Slobodan Tepic, ingénieur à l’institut de recherche AO à Davos en Suisse et le Dr Aldo Vezzoni en Italie (un spécialiste en orthopédie vétérinaire ayant posé plus de 2800 prothèses à ce jour).

La prothèse haut de gamme non cimentée, vissée, de sixième génération de chez Kyon (Zurick Cementless THR) offre les avantages suivants :

Non cimentée, sa tige est fixée solidement à la face médiale de l’os du fémur par quatre ou cinq vis en Titane ce qui permet un ancrage immédiat et surtout le plus durable dans le temps, évitant au maximum sa remontées, son enfoncement ou sa rotation. Le fait d’être vissée semble être une évidence biomécanique mais c’est à ce jour la seule prothèse ayant cette caractéristique!
Sa position dans le fémur permet un passage des forces beaucoup plus proche d’une articulation normale lors des mouvements, plus physiologique : la partie latérale de la tige n’appuie pas sur l’os et ne risque pas de détériorer la qualité de l’os, limitant les risques de fracture du fémur. Le matériel est en Titane, ce qui diminue les risques d’infection à long terme et offre une plus grande biocompatibilté.

Le fait qu’il subsiste un espace (GAP) entre la tige et la face latérale de l’os représente une réelle avancée majeure dans la stabilité de la tige à long terme.

La cupule présente une double coque dont la partie externe micro-poreuse augmente la rapidité d’intégration par l’os (Ti shell), une forme interne offrant une meilleure répartition des forces augmentant la durée de vie de la prothèse.

La tête est en céramique : boule de couleur rose, à ce jour le matériau ultra haute qualité utilisé pour les prothèses en humaine. Elle limite les frottements et donc les risques d’abrasion de sa cupule lors des mouvements. Elle diminue au maximum la production de micro-débris qui risqueraient de s’accumuler sur le long terme et de provoquer un descellement de la cupule.

Cette prothèse vissée peut être implantée sur de très jeunes chiens d’un an comme sur des chiens plus vieux.

C’est à ce jour la prothèse de hanche haut de gamme la plus aboutie et qui offre le maximum de sécurité : stabilité rapide, longévité et faible taux de complications.

Comme avec tout matériel implanté dans un organisme vivant, le plus biocompatible soit-il, les risques de complications ne doivent pas être ignorés. Ils sont multiples mais d’après l’expérience du Dr. Aldo Vezzoni, ils deviennent inférieurs à 4,5% avec cette prothèse de dernière génération.

Les risques d’infection sont le cauchemar du chirurgien même s’il prend toutes les précautions possibles pour les éviter : la présence de foyers infectieux dans d’autres régions de l’organisme peuvent être la porte d’entrée de germes. Véhiculés par le sang, ils peuvent échapper à la vigilance du système immunitaire et venir se fixer sur le matériel prosthétique : des infections classiques comme les maladies bucco-dentaires, des intestins, de la prostate et de l’utérus sont bien connus en médecine humaine.

Il est donc indispensable de faire suivre régulièrement son animal au cours de sa vie pour diagnostiquer précocement certaines affections avant qu’elles ne posent de sérieux problèmes (par exemple un examen dentaire approfondi, une échographie de la prostate avant que son chien ne présente des signes cliniques).

Si la prothèse s’infecte, il est alors nécessaire de la retirer (explantation), ce qui revient à pratiquer une exérèse de la tête et du col fémoral.

Le post-opératoire est la contrainte la plus importante pour le propriétaire et son animal (comme pour toute intervention chirurgicale orthopédique, mais encore plus cruciale lors de pose de prothèse). Pendant les deux premiers mois, le chien doit être tenu en laisse stricte à l’extérieur de la maison, ne doit pas courir ni sauter, ne pas jouer avec d’autres chiens, ne pas glisser sur le carrelage ou la glace à l’extérieur.

Une luxation de hanche peut survenir si le chien n’est pas gardé au repos strict pendant les deux premiers mois et nécessitent une reprise chirurgicale coûteuse si cela reste possible. Parfois, le manque de muscle, l’hyperlaxité de tous les tissus entourant la hanche sont des facteurs de risques de luxation qu’il faut prendre en compte et discuter avec le propriétaire. De la physiothérapie et de l’électrostimulation avant et après la chirurgie peuvent-être envisagées pour diminuer ce risque.

Si le post-opératoire est réalisé dans les règles, la douleur disparaît vite ce qui permet à l’animal de reposer son membre, de se remuscler (même en laisse sans courir) et de retrouver une qualité de vie proche de la normale.

Rien n’est pire que la douleur chronique et nos compagnons ne peuvent pas l’exprimer comme nous pouvons le faire. Mettre tout en œuvre pour lutter contre ce fardeau est une grande satisfaction: tant pour le propriétaire, qui au lieu d’assister à une dégradation progressive et inéluctable, voit son animal de nouveau courir et jouer, que pour nous orthopédiste, dont la quête permanente est d’offrir une qualité de vie optimale à nos patients en accord avec les dernières avancées de la science.

Quelques exemples

Cas 1 : Chienne Rottweiler de 14 mois présentée pour dysplasie invalidante de la hanche droite.

Cas 2 : Labrador de 9 ans ayant eu d’un côté une exérèse de tête et col fémoral très jeune et une ostéotomie du bassin à 8 mois de l’autre pour traiter une dysplasie des hanches sévère et bilatérale (à l’époque nous ne disposions pas de prothèse de hanche suffisamment abouties pour être implantée à cet âge). Reportant son poids de manière plus intense du côté gauche, sa tête s’est dégradée et l’articulation est devenue arthrosique et douloureuse. Il a été décidé de lui poser une prothèse de hanche KYON.

Cas 3 : Golden Retriever de 12 mois ayant une maladie du cartilage de croissance des têtes fémorales (nécrose) provoquant une fracture de la tête et bascule de la partie ronde autour du col. Une exérèse de tête et col a été pratiquée à droite et une prothèse de hanche à gauche (deux prothèses totales n’ont pas été réalisées pour des raisons financières mais cela aurait été techniquement envisageable à deux mois d’intervalle). Vue pré-opératoire et post-opératoire à 6 mois.